22.03.2010
Interview de Maurice Leroy parue le 22 mars 2010 dans France Soir
France Soir : Il n’y a pas eu le moindre sursaut entre les deux tours en faveur de la droite…
Maurice Leroy : Ce n’est pas une surprise. Sous la Ve république, il est excessivement rare que les électeurs corrigent leur vote entre les deux tours. Il y a presque toujours amplification au second tour. C’est confirmé.
C’est l’échec de qui, ou de quoi ?
C’est le résultat – incontestable- d’une très forte mobilisation à gauche, alors que la droite et le centre se sont démobilisés.
Demain, souhaitez-vous un coup de barre au centre ou à droite ?
Il faut, à l’évidence, donner un coup de barre au centre. Regardez ce qui s’est passé dans le Grand Ouest, où le centre à manquer à l’UMP. Il y a en France une famille de pensée humaniste, européenne convaincue et attachée aux libertés qu’il ne faut pas abandonner à la gauche dogmatique. Ce qui me frappe, c’est la distance entre le sans-faute de Nicolas Sarkozy face à la crise mondiale sans précédent que nous traversons et son image très dégradée dans l’opinion. C’est profondément injuste, mais cela existe, sauf à vouloir nier la réalité. La relance française par l’offre - combattue par la majorité des experts, des politiques et des médias - a plutôt été un succès. Le gouvernement a judicieusement apporté de la trésorerie aux entreprises aux deux moments les plus critiques, ce qui a sauvé de la faillite plus de 10.000 PME et permis de préserver environ 150 000 emplois productifs marchands. Qui le sait ? Qui l’a dit aux électeurs ? Il y a manifestement un problème de pédagogie.
Le chef de l’Etat doit-il décréter la pause des réformes dès maintenant ?
Non, non et non ! Ce serait pire que tout. Nicolas Sarkozy a été élu très largement pour justement conduire et mettre en œuvre les réformes qui n’ont pas été faites en France depuis tant d’années. En homme de terrain, je peux vous dire que, malgré le résultat des régionales, ce qu’attendent les français, y compris les électeurs de droite qui ne sont pas allés voter, c’est la poursuite courageuse du mouvement des réformes.
Concrètement, le Nouveau Centre aura-t-il son propre candidat au premier tour de la prochaine présidentielle ?
Oui, clairement oui. Car, depuis 1965, il ya toujours eu à l’élection présidentielle au premier tour une candidature incarnant ou représentant le centre. J’ajoute que, dans une élection à deux tours – ce qui vient de se produire aux régionales l’illustre amplement-, il n’y a pas sans le centre de second tour victorieux pour la droite. Depuis que François Bayrou a quitté l’UDF, avec Hervé Morin, André Santini, François Sauvadet, Anne-Marie Idrac, Jean-Christophe Lagarde et bien d’autres, nous reconstruisons le centre. Nous, nous sommes centristes, et pas égocentriques. Et nous portons, au sien de la majorité, un projet humaniste.
Propos recueillis par Dominique de Montvalon
20:28 Publié dans Régionales 2010 | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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